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 Les amants de Mars

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A. R Deblain dit Livel

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Date d'inscription : 01/03/2012

MessageSujet: Les amants de Mars   Mer 18 Avr - 6:24



C’est Montmartre-sur-Paris, d’ici, l’horizon est en dents de si,
Sur sa terrasse le monde s’embrasse, y brillent de toutes ses races,
Elles-mêmes embrassent le monde qui se harasse
Et une file de gens s’y presse sous l’ombre de Baldaccini.
Sur cette ligne, un monde d’écarts,
Que des tours et des remparts,
D’où je suis, je vois les restes des guerres,
Doux je reste et je ne suis guère.
Ce jour-là, sur l’éminence infusée d’êtres, grouillants,
Je vous écrivais en lame de lettre, pourtant,
Tout était beau ce jour-là
Sur ce haut de plat,
Les ombres étaient relâchées par l’automne,
Les clairs des façades en fusain sur les pavés s’étalaient
A l’heure où ils deviennent des miroirs incomplets.
Quel tain
Presque cireux
Et peu à peu,
La nuit devient.
La pluie délaie la foule,
Sur la place en peinture lavis s’écoule.
L’endroit n’est plus le même,
Le jour, il est être,
La nuit, il est âme
Et en demi-bohème,
Il se dépêtre de ce drame,
Le jour, il est d’êtres,
La nuit, il est d’âmes,
Peu importe la trame.
Le jour, le bruit est ajusté de cris au plus large enclos,
La nuit, au creux du tard, les mots sont des îlots.
Sous la bâche spleenétique après la rue Saint-Rustique,
La tête aux confins dans la rue Norvins,
Ivre, plus loin près du bateau-lavoir ivre,
Je me reprends et t’attends.
La pluie dilue cette lutte,
L’eau, lavis et la Butte.
Le bruit reprend. Il ne fait pas regarder la vie
Mais Montmartre l’absolue l’aplanie.
Ce matin, le soleil ne s’économise pas,
De ses ravins, il s’affranchit,
Il efface ce que je viens de dire et d’écrire,
C’est mieux ainsi !
Le lendemain, du soleil, les rayons, c’est la harpe !
Une harpe éolienne dont la plastique sonore est le chant des oiseaux,
Dans le bruit qui s’éteint, dans le bruit qui l’écharpe,
Il reste à Montmartre comme du O’Carolan jouant du Seto.
La place était sereine aux couleurs qui se chahutent
Et sur toi, sur ton absence, je butte.
Les rubans composés de gens sages se distendaient
Comme un serpent intelligent aux regards de coin, aux sourires rarement,
Pour des couleurs confiées à des instants profonds
Ou à l’anthracite retiré des hauts-fonds.
Supporteront-ils ce portrait quelques années après ?
Il faudra une once de force et un soupçon de Gray.
De Montmartre l’absolue, dans l’ombre supportée,
De leur loi révolue, ils ont pu t’emporter,
Mais de Paris la belle au-dessus des toitures,
Un mot, à nouveau, s’offrait des murmures.
Au troisième jour à Montmartre-sur-Paris,
A Montmartre l’absolue et à Paris la belle,
J’imagine les ors et toute la zinguerie
Où ils décident des gens, de la taille des cervelles
Mais, bon, c’est l’heure du thé et qu’à cette heure pourrions-nous donner
Autre chose que cette importance ? Souchong, Earl grey,
La liberté a des douceurs d’herbes et des plongeons ébouillantés,
Tout se décide à des heures improbables, les avantages des uns et les avions des autres.
Mais Montmartre est si belle, sa butte la bosselle
En un endroit si beau que j’oublie mes lambeaux.
En cette fin de journée, la lumière est si folle
Qu’elle peaufine les ombres que le vent fignole,
Elle manie tous les gris juste avant la coupole
De la nuit qui s’étire comme une camisole
Puisque tu n’es plus là.
D’où tu m’écriras ?
De Bârlad, d’Azuga ou de Simeria
Et lire tes mots qu’un autre délia,
Qu’au-dessous de la butte, il y a Paname
Où un jour nous nous déliâmes.
A Montmartre l’absolue sur Paris la belle,
Il y a ton ombre dans l’ombre des venelles,
Notre premier face-à-face tout près d’une Wallace
Et nos larmes à cette eau qui nous désenlace.
Où est-tu Adela ?
A Mizil, Petrila ou bien Marghita,
Te rappelles-tu la table au Consulat ?
Mais je m’égare encore quand je pense à
Cet amour enfin qu’il ne conçoive pas.
Mettre fin, mettre fin à l’amour,
Mettre fin à séjour. Mettre fin à séjour.
Alors dans leurs sueurs nocturnes
Et des humains qu’ils blessent,
Il y a des palpitations d’urnes
Et de leur esprit, l’étroitesse.
Au dernier jour à Montmartre-sur-Paris,
A Montmartre l’absolue et à Paris la belle,
Sur l’horizon en dents de si, hésite la note d’un violoncelle,
Et sur Paris la belle au-dessus des toitures,
La liberté enfin, à nouveau, s’offrait des murmures.
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Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les amants de Mars   Dim 22 Avr - 9:43

une longue promenade dans le vol des pigeons que l'on devine à moins que ce ne soit une peinture quelque peu surréaliste, à peine sèche, sur la place du Tertre.
merci du partage.

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philco78



Nombre de messages : 18
Age : 54
Date d'inscription : 13/11/2010

MessageSujet: Re: Les amants de Mars   Dim 22 Avr - 13:29

un bien beau voyage.

Merci

Phil
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A. R Deblain dit Livel

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Nombre de messages : 47
Age : 57
Date d'inscription : 01/03/2012

MessageSujet: Re: Les amants de Mars   Lun 23 Avr - 15:04

Ce sont deux histoires qui se superposent. Alain.
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MessageSujet: Re: Les amants de Mars   

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